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Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\cabarrus.jpgPromenade européenne dans Bordeaux 8

 

La "chapelle des Irlandais".

17, place Pey-Berland

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Dessin de Émile Piganeau. (1879)

 

Le bâtiment d’aujourd’hui est construit à l’intérieur des murs de celle qui fut, successivement, Notra Dama de la Plassa, Saint-Eutrope, Sainte-Anne-La-Royale. Mais c’est le nom de « chapelle des Irlandais » qui lui est resté.

L’église fut citée pour la première fois en 1173, dans une bulle du pape Alexandre III (1159-1181), fixant la ligne de partage entre les droits de Saint-Seurin et de Saint-André, en rivalité pour les dîmes. En 1237, sous l’archevêque Géraud de Malemort, une association de treize chapelains attachés à l’église collégiale de Saint-Seurin, connue sous le nom de confrérie de la Tretzenna (de la Treizaine), s’établit dans la chapelle. Siégeait aussi, dans la même église, la confrérie de Saint-Eutrope, à cause des reliques du saint qui y furent transférées durant les guerres de religion, et dont le titre le plus ancien remonte au 3 mars 1356. Le 23 juillet 1588, l’église perdit son titre paroissial au profit de Saint-Projet. Au XVIIe siècle, elle devint la « chapelle des Irlandais ».

Lorsqu’au mois de novembre 1603, quelque quarante catholiques irlandais, chassés de leur patrie, arrivèrent à Bordeaux sous la conduite du révérend Demertius (Dermit en irlandais), Mac Carthy, originaire de Muscry, dans le diocèse de Cork, le cardinal de Sourdis leur donna la chapelle Saint-Eutrope, alors 11 place Saint-André, pour y accomplir leurs fonctions ecclésiastiques. Sous la direction du père Demertius, un séminaire s’installa à Sainte-Eutrope, où l’on ne parla et n’enseigna que l’anglais, pendant près de deux cents ans.

L’institution fut confirmée par une bulle du pape Paul V, le 26 avril 1618. Progressivement, en 1621, les confrères de la Treizaine abandonnèrent aux Irlandais la libre possession de l’église et décidèrent de célébrer leurs anniversaires dans la chapelle Notre-Dame-des-Anges, à Saint-André. On y prêchait en anglois tous les dimanches du carême et, le dix-sept du mois de mars, on célébrait dans la même église la fête de l’apôtre de l’Irlande, saint Patrick. Les étudiants irlandais y vécurent de l’aumône recueillie aux portes des églises, mais aussi de la rémunération d’un droit qui leur avait été conféré dans la ville : celui de porter les morts en terre, et au nom duquel les porteurs avoyent chacun 40 sols. L’usage s’étant perpétué jusqu’à 1780, les Bordelais furent ainsi enterrés par les Irlandais jusqu’à la veille de la Révolution.

En 1653, pendant les événements de la Fronde, le recteur du collège irlandais, Cornelius O’Scanlan, persuada quelque 5 000 soldats irlandais, envoyés depuis l’Espagne pour soutenir les Bordelais révoltés, de ne pas repartir et au contraire de s’engager pour la couronne de France. En reconnaissance de cette fidélité sans faille des Irlandais, Anne d’Autriche, alors régente, décida au mois de février 1654 d’accorder sa protection au collège, octroyant une rente de 1 200 livres pour l’entretien de douze prêtres et dix ecclésiastiques ; elle conféra aux Irlandais du collège le « droit de naturalité ou de naturalisation » afin de leur permettre de recevoir des dons et de posséder des bénéfices à l’intérieur du royaume, par des lettres patentes où elle se déclarait « fondatrice dudit séminaire et collège des Irlandais dont la maison portera désormais le nom de Sainte-Anne -la-Royale, ajoutant : Nous voulons que nos armes soient mises et posées en relief avec celles du roi, notre dit successeur et fils, sur la porte de la chapelle de Sainte EutropePourtant, les armes royales ne semblent pas avoir été placées sur la façade. Et si l’église porta officiellement le nom de Sainte-Anne-la-Royale, le nom qui prévalut fut celui de chapelle des Irlandais. C’est sous ce nom qu’elle figure sur les plans de Bordeaux jusqu’à la fin du XVIIIe siècle ; c’est également sous ce nom qu’elle fut fermée le 15 février 1792, puis vendue le 27 juin 1796, pour la somme de 21 006 francs, au citoyen Chamblant, carrossier, qui y établit une fabrique de salpêtre. Elle devint ensuite un atelier de sculpture, puis un magasin jusqu’à sa démolition, en 1880, lorsqu’on procéda à l’alignement de la place Pey-Berland.

Cent ans plus tard, à l’occasion de fouilles d’avril à août 1983, on put voir des parties de la nef et du chevet réapparaître intactes, lorsqu’à l’intérieur fut construit le bâtiment qui y est actuellement installé.

Jusqu’à la fin du XVIIe siècle, la chapelle et le collège ne firent qu’un. Mais, de vingt au XVIIe siècle, le nombre d’étudiants augmenta au XVIIIe à trente, puis à quarante. Le collège de Bordeaux fut réputé pour la qualité de son enseignement. Une fois leurs études accomplies, les pensionnaires repartaient occuper les sièges épiscopaux les plus importants de leur pays. En 1696, le supérieur du collège, Thaddée O’Mahony, acheta une maison avec un bâtiment central et deux ailes, au 3 de la rue du , toute proche de la chapelle, pour y installer le collège. Il fallut près de trente ans pour achever de payer cette acquisition, au prix par fractions jusqu’au 17 mai 1723. Se soumettant avec retard à l’exigence d’Anne d’Autriche, le collège, lui, prit le nom de , … …

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La Chapelle des Irlandais sur le plan de Lattré en 1733.

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Plaque sur le Collège des Irlandais.

 

Traverser et entrerdans la Cathédrale. Dirigez vous à gauche vers la première chapelle latérale à hauteur de l'autel.

 

 

 

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© Bertrand Favreau 2011

 

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