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Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\proms.jpgPromenade européenne dans Bordeaux 26

 

Victor Hugo, l'Allemagne, l'Italie, l'Europe, l'Humanité.

Place de la Comédie.

 

Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\gtb1871.jpg  Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\garib.jpg
L'Assemblée Nationale au Grand-Théâtre de Bordeaux. (Février 1871) - Archives municipales de Bordeaux


Élu député en 1871, Victor Hugo arriva à Bordeaux, le 13 février 1871 (il en rendit compte dans son journal à la date du lendemain). Le 14, acclamé par les Bordelais, il se rendit au Grand Théâtre, tendu de rouge des sièges jusqu’à la tribune installée sur la scène. À sa sortie de l’assemblée, assailli par une horde d’admirateurs, il se réfugia au café d’en face (l’Hôtel de Bordeaux) où on le pressa de prononcer un discours sur le balcon qui dominait la place pour parler à la foule. Il refusa de le faire pour réserver ses propos à la tribune. Ce jour-là, il se borna à une simple déclaration, qui était déjà l’amorce d’un autre discours. C’est la question de l’Europe qui est pendante en ce moment. La destinée de l’Europe adhère à la destinée de la France.

Certes il n’est pas question de sortir le propos de son cadre contextuel, sinon pour rappeler que quinze jours plus tard, à la séance du 1er mars 1871, Victor Hugo monta à la tribune, installée sur la scène du Grand Théâtre pour, au terme d’un discours profondément patriotique et national, célébrer une future réconciliation franco-allemande : Ma vengeance c’est la fraternité ! Plus de frontières ! Le Rhin à tous ! Soyons la même république, soyons les États-Unis d’Europe, soyons la fédération continentale, soyons la liberté européenne, soyons la paix universelle ! Allemagne me voilà, suis-je ton ennemi ? Non ! Je suis ta sœur.

Sept jours plus tard, le 8 mars, il s’apprêta à prendre la parole à nouveau pour défendre Paris, au moment où un rapport venait d’être présenté pour annuler l’élection de Garibaldi à Alger.

La question Garibaldi se posa de nouveau. Le 13 février, Giuseppe Garibaldi, s’était rendu au Grand Théâtre et avait remis sa démission de député. N’ayant pas la qualité de Français, il n’entendait pas conserver le mandat dont il était investi. Sa lettre était ainsi conçue : Comme un dernier devoir rendu à la cause de la République française, je suis venu lui porter mon vote, que je dépose entre vos mains. Je renonce aussi au mandat de député dont j’ai été honoré par divers départements. De violents incidents marquèrent la fin de la séance. Garibaldi voulut parler, mais il en fut empêché par les invectives et quolibets déchaînés de la majorité très conservatrice de l’Assemblée. Il se retira alors dignement et descendit les escaliers du Grand Théâtre dans une cape grise doublée de rouge, pour se retirer dans son île de Caprera.

Le 8 mars, lorsque Victor Hugo monta à la tribune, ce fut pour défendre la cause de l’admirable soldat qui avait combattu pour nous : De toutes les puissances européennes, aucune ne s’est levée pour défendre cette France qui, tant de fois, avait pris en main la cause de l’Europe… Pas un roi, pas un état, personne ! Un seul homme a accepté… cet homme, Messieurs, qu’avait-il, son épée, et cette épée avait déjà délivré un peuple… et cette épée pouvait en sauver un autre. Il l’a pensé, il est venu, il a combattu. Mais chaque phrase fut entrecoupée d’exclamations, de délégations et d’imprécations. Dans le tumulte, il ne put achever son discours. Face au tumulte, le poète fit un geste de la main et déclara : Il y a trois semaines, vous avez refusé d’entendre Garibaldi. Aujourd’hui, vous refusez de m’entendre. Cela me suffit. Je donne ma démission.

Empruntant la plume de l’un des sténographes, il écrivit sur-le-champ sa lettre de démission, debout sur le rebord extérieur du bureau sténographique, installé au pied de la tribune. Il dut la maintenir les jours suivants, malgré toutes les invitations, les expressions et les pressions, d’où qu’elles viennent. Le 13 mars suivant, il repartit pour Paris, en ramenant le cadavre de son fils Charles, retrouvé mort quelques jours plus tôt, dans un fiacre devant l’Hôtel de Bordeaux.

De son île de Caprera, quelques semaines plus tard, Garibaldi lui écrivit : Le brevet que vous m’avez signé à Bordeaux suffit à toute une existence dévouée à la cause sainte de l’Humanité, dont vous êtes le premier apôtre.

 

Redescendez la Rue Esprit des Lois jusqu’à la place Jean-Jaurès : Vous êtes arrivés…

 

 

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© Bertrand Favreau 2011

 

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