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Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\proms.jpgPromenade européenne dans Bordeaux 23

 

Le rêve brisé de David Johnston

29 cours Xavier-Arnozan.

 

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Walter Johnston, natif d’Imiskillen en Irland [Enniskillen (Inis Ceithleann en irlandais)], citoyen de Vevey en Suisse, négociant, issu d’une des plus anciennes familles d’Écosse qui s’était fixée en Irlande au XVIIe siècle, acheta en 1815 l’immeuble du cours des Chartrons n° 18 (aujourd’hui 29 cours Xavier-Arnozan). Ami des arts, Walter Johnston le fit aussitôt reconstruire presque en totalité par l’architecte Arnaud Corcelles (1765-1843) ; il chargea de la décoration le peintre Pierre Lacour fils (1778-1859), celui-là même qui se verra confier quelques années plus tard, par Goya, la jeune Rosario, et qui sera pour un temps, en 1824, le seul soutien de Leocadia et de Rosario. Le 8 juin, l’année même où Lacour et Corcelles achevaient la décoration, Walter Johnston mourut dans cette même maison.

À vingt-neuf ans, son fils unique, Célestin, appelé en famille David, né à Bordeaux le 12 septembre 1789, marié à « Peggy » Barton, née à Dublin, hérita de la maison « Walter et David Johnston », société de négoce parmi les plus florissantes de la ville et d’une fortune considérable.

Walter et David étaient des amis et des protecteurs des arts. Ils furent les amis proches de Pierre Rode, qui dédia un concerto à Walter Johnston, puis un autre à David Johnston. Ce fut dans le château de David Johnston, le château de Bourbon, dans le Lot-et-Garonne, que Rode se retira après avoir perdu en 1829, l’usage de sa main, et qu’il mourut le 25 novembre 1830. Ce fut de la maison de David Johnston, que le corps du violoniste, qui avait fait se pâmer toutes les cours d’Europe, partit pour un dernier office à l’église Saint-Louis, avant l’inhumation au cimetière de la Chartreuse. Les cordons du poêle étaient tenus par David Johnston, Arnaud Corcelles et le peintre Pierre Lacour.

L’administration de sa fortune, l’activité du négoce – fût-il florissant – ne suffirent pas à Johnston. Les Anglais trouvèrent alors une solution pour remplacer la faïence stannifère, fragile et coûteuse, par la « faïence fine dite anglaise », blanche, mince et solide. Pour Johnston, ce qui a créé une industrie prospère en Angleterre doit en engendrer une aussi en France.

En 1834, il acquit les « Moulins des Chartons », 77 quai de Bacalan. Là, aidé par le céramiste agenais Pierre Henri Boudon de Saint-Amans (1794-1883), David Johnston installa sa « Manufacture Royale » pour y produire de la faïence fine ou demi-porcelaine. Il y cultiva l’inspiration anglaise. La manufacture de Bacalan connut un grand développement : dotée de dix fours, elle employa jusqu’à 700 ouvriers en 1839.

Mais nommé maire de Bordeaux, au faîte de son succès de 1838, David Johston rencontra vite de sérieuses difficultés. La faïencerie subit de fortes pertes et son créateur dut prendre des associés et créer une société en commandite, « D. Johnston et Compagnie », le 31 mars 1840. En raison de la désaffection du public pour le « goût anglais » en 1842, il tenta de modifier la fabrication. Il engagea le reste de ses ressources, fit appel à des fonds étrangers. Après avoir emprunté à toute sa famille, il estima par sens de l’honneur devoir démissionner de sa charge municipale en 1842, à la veille d’une déconfiture qu’il sentait proche. Le rêve anglais de David Johnston fut un fiasco.

À la recherche désespérée de nouveaux fonds, il dut vendre ses biens les uns après les autres. Le 5 décembre 1843, ce fut au tour de la maison du Pavé des Chartrons d’être cédée, sans pour autant empêcher la mise en liquidation de la société qui portait son nom en janvier 1844. Après avoir vécu dans un château appartenant à son beau-frère, Jean-Charles Wittfooth, consul de Russie, à Villenave d’Ornon, près de Bordeaux, il … …

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Traversez la place des Quinconces et allez cours du XXX juillet jusqu’à l’Hôtel des 4 Sœurs.

 

 

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© Bertrand Favreau 2011

 

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