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Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\proms.jpgPromenade européenne dans Bordeaux 22

 

Le "Bal des Anglais".

23, Cours de Verdun.

Le balcon de Teresa Cabarrus.

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Situé au n° 23 de l’actuel cours de Verdun, l’hôtel d’Angleterre, puis « hôtel Franklin », appelé aussi le « Bal anglais » fut fondé le 12 avril 1777, dans un immeuble appartenant à un sieur Rocaute de Bussac, négociant, qui demeurait Fossés du Chapeau-Rouge. Géré par deux Anglais prénommés Stevens et Jacob, il accueillit jusqu’au début de la Révolution, parmi beaucoup d’autres étrangers, un grand nombre de sujets britanniques. Anna Francesca, la célèbre madame Cradock, descendit dans cet hôtel, lors de son séjour à Bordeaux de juin à août 1785. Il était nouvellement construit. De nos fenêtres nous planions sur le cours bordé d’une rangée de maisons blanches à balcons et au bout duquel s’élève le théâtre (la partie orientale des allées de Tourny jusqu’aux Quinconces n’était pas alors construite). Parcourant et dépeignant les villes et les campagnes de France, le grand économiste Arthur Young y descendit en 1787. Le prince Frédéric-Auguste, fils du roi d’Angleterre, Georges III, qui voyageait incognito sous le nom de comte de Delphios, y logea en 1791 et reçut la visite de la municipalité, le 30 mai.

En 1793, alors que la Grande-Bretagne venait d’entrer dans la coalition européenne armée contre la France, l’hôtel changea de propriétaire et de nom. Désormais tenu par un Français du nom d’Alexandre Marquant, il devint « l’hôtel Franklin », tandis que le cours était rebaptisé « cours Fructidor ».

Ce fut dans cet hôtel Franklin que s’installa en 1794 la célèbre Teresa Cabarrus. Juana María Ignazia Teresa de Cabarrus y Galabert naquit au palais de San Pedro à Carabanchel Alto, près de Madrid en Espagne, le 31 juillet 1773. Sa mère était espagnole et son père, François Cabarrus, originaire de Bayonne, banquier à Madrid. Il devint ministre des Finances d’Espagne en 1797.

Arrivée à Bordeaux, en 1793, chez ses cousins Cabarrus, après avoir été mariée, à quatorze ans, au marquis Jean-Jacques Devin de Fontenay, elle fut d’abord arrêtée, à l’âge de 20 ans, comme suspecte, puis relâchée. Elle séduisit, en effet, l’envoyé de Robespierre, Tallien, envoyé en mission avec Ysabeau, le 23 septembre 1793. Libérée, elle s’installa à l’ex-hôtel d’Angleterre, devenu l’hôtel Franklin, et en fit un lieu de passage incontournable durant la Terreur à Bordeaux.

Grâce à ses interventions auprès de Tallien, qui devint son deuxième mari, on lui attribua d’avoir amélioré les conditions d’emprisonnement reconnues jusque-là de la plus barbare humanité, mais aussi d’avoir contribué à la libération de nombreux « suspects » et à la grâce de condamnés à l’échafaud. Au point que Tallien fut accusé de modérantisme et dénoncé pour sa liaison avec la nommée Cabarrus, protectrice de sa caste, nobles, financiers et accapareurs, et qu’il dut retourner pour se justifier à Paris. Demeurée seule à Bordeaux, en mai 1894, elle fut arrêtée comme « ci-devant noble ». Avant de passer devant la Commission militaire, sans illusion sur le sort qui l’attendait, elle adressa à Tallien un dernier message : Je meurs d’appartenir à un lâche. Quelques semaines plus tard, Tallien devint l’un des conjurés contre Robespierre et s’illustra le 9 Thermidor à la Convention, en empêchant Saint-Just de prendre la parole, lors des événements qui entraînèrent la chute de Robespierre. Sauvée, Teresa Cabarrus rejoignit Paris et épousa Tallien. Leur fille porta le prénom de Thermidor. Teresa Cabarrus reçut le surnom de « Notre Dame de Thermidor » et, à Bordeaux, l’hôtel Franklin celui de « Bureau des Grâces ». Celle par qui la Terreur fut plus douce ne revint jamais à Bordeaux, mais se souvint longtemps après de l’hôtel Franklin et de ce qu’elle appela plus tard les doux moments passés sur le grand balcon d’où la vue était si belle.

Teresa Cabarrus passa la deuxième moitié de sa vie en Belgique. Elle se maria une troisième fois, en 1805, avec le prince de Chimay. Devenue princesse de Chimay, elle termina sa vie en Belgique, où elle mourut à 61 ans, en 1835.

Sous le Directoire, l’hôtel Franklin, qui reprit son premier nom, devint un lieu de bal très couru de la haute société bordelaise. Il fut alors appelé aussi le « Bal anglais » en souvenir de son nom d’origine. Dans ses souvenirs, Johanna Schopenhauer constate : Les bals anglais [...] donnés à l’hôtel Franklin [...] sont beaucoup plus brillants [que ceux de la maison de l’Intendance]. La société des Chartrons s’y réunit.

C’est un négociant d’origine écossaise, John Lewis Brown, qui mis fin à l’histoire de l’hôtel d’Angleterre en rachetant, le 19 août 1809, l’immeuble aux héritiers Rocaute pour en faire son habitation.

 

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Le balcon de l'Hôtel Franklin

 

Sous le Directoire, l'hôtel Franklin, qui reprit son premier nom, devint un lieu de bal très couru de la haute société bordelaise. Il fut alors appelé aussi le "Bal anglais» en souvenir de son nom d'origine Dans ses souvenirs, Johanna Schopenhauer constate :«Les bals anglais [...] donnés à l'hôtel Franklin [...] sont beaucoup plus brillants [que ceux de la maison de l'Intendance]. La société des Chartrons s'y réunit.»

 

C'est un négociant d'origine écossaise, John Lewis Brown, qui devait mettre fin à l'histoire de l'hôtel d'Angleterre en rachetant, le 19 août 1809, l'immeuble aux héritiers Rocaute pour en faire son habitation.

 

 

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© Bertrand Favreau 2011

 

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