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Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\proms.jpgPromenade européenne dans Bordeaux 20

 

Le Souvenir d'Hölderlin .

37 allées de Tourny.

 

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À l’origine, l’hôtel était une création Louis XV due à André Potier. À la demande de Daniel Christoph Meyer, consul de Hambourg à Bordeaux, qui l’avait achetée en 1793, Louis Combes (1757-1818) transforma la maison Meyer en 1795-1796 et l’enrichit d’un péristyle de six colonnes aux chapiteaux ioniques, terminée en 1797, très différente. C’est cette perspective nouvelle, qui ferme les allées en offrant ses six colonnes en réplique aux douze du Grand Théâtre, que connut le poète allemand Hölderlin en 1802.

À vrai dire, Hölderlin avait hésité à accepter la proposition d’un poste de précepteur chez le consul de Hambourg à Bordeaux, Daniel Christoph Meyer. Ses honoraires devaient être de cinquante louis d’or, auxquels s’ajouteraient vingt-cinq louis d’or de frais de voyage. Mais le consul demandait que le précepteur exerçât les fonctions de « théologien », et il ne prit de décision définitive qu’après avoir reçu l’assurance qu’il serait provisoirement dispensé de prédication.

Après un voyage d’hiver éprouvant, en passant par Lyon et traversant des monts d’Auvergne, où il crut sa dernière heure arrivée, le 28 janvier 1802, dans la matinée, Hölderlin franchit le péristyle aux six colonnes de la maison Meyer : Mon logement est presque trop beau, écrivit-il.

Les premiers mois du séjour à Bordeaux semblèrent sans histoire. Il qualifia la famille du consul Meyer, de vraiment excellentes personnes et il se sent plein d’espoir parmi [ses] élèves. Le 16 avril 1802, Hölderlin assura à sa mère : Je vais aussi bien que je peux le souhaiter. Mais le 6 mai 1802, après cent deux jours à Bordeaux, il partit précipitamment, faisant selon ses biographes de son préceptorat à Bordeaux le plus mystérieux de tous ceux que Hölderlin exerça.

Vous allez être heureux lui avait dit le consul Meyer en l’accueillant. À Bordeaux, il avait appris la mort de sa grand-mère le 14 février à Nürtingen. Son frère raconta qu’il avait reçu à Bordeaux une lettre de Suzette Gontard – sans doute le seul amour de sa vie – lui annonçant qu’elle était gravement malade, qu’elle avait le pressentiment de sa mort prochaine et qu’elle lui disait adieu pour toujours.

Six mois après son retour en Allemagne, il écrivit dans un projet de lettre : L’élément puissant, le feu du ciel, et le silence des hommes, leur vie dans la nature, leurs restrictions et leur contentement – tout cela m’a constamment saisi et, comme on le raconte des héros, je peux bien dire qu’Apollon m’a frappé.

Le seul document qui explique à jamais le mystérieux séjour à Bordeaux demeure le poème Souvenir (Andenken), que Hölderlin écrivit probablement un an après avoir quitté les bords de la Gironde. Avec ses réminiscences d’Ausone, il demeure l’un des plus parfaits de Hölderlin.

 

Le vent du nord-est souffle,

Mais va maintenant, et salue

La belle Garonne

Et les jardins de Bourdeaux

[…]

Là-bas à la pointe venteuse

Au pied des vignes, là où

Descend la Dordogne

Et ensemble avec la prestigieuse

Garonne, large comme la mer

S’achève le fleuve.

Mais elle prend

Et donne la mémoire, la Mer,

Et l’amour, aussi, garde un regard attentif

Mais ce qui demeure, le fondent les poètes.

(Traduction André Alter)

 

Hölderlin n’oublia jamais son séjour. Plus tard, dans trois esquisses d’un hymne intitulé Le plus proche meilleur, il chanta les Jardins de la Gascogne.

 

 

Contourner l'Hôtel Meyer par la Gauche, traverser la Place Tourny, prendre la Rue Huguerie en rendez vous au n° 35.

 

 

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© Bertrand Favreau 2011

 

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