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Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\cabarrus.jpgPromenade européenne dans Bordeaux. 2.       

 

Le regard des Schopenhauer.

L'hôtel de Fumel -  Place Jean Jaurès et de la rue Esprit-de

s-Lois.


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Du 5 février au 24 mars 1804, pendant presque deux mois, le jeune Arthur Schopenhauer et ses parents logèrent à l’hôtel de Fumel, à l’angle de la place Richelieu (actuelle place Jean-Jaurès) et de la rue Esprit-des-Lois.

Le bâtiment fut élevé entre 1777 et 1779 pour Jean-Baptiste de la Molère (1734-1808), conseiller au Parlement de Bordeaux mais qui n’y vécut guère puisque, dès septembre 1782, il le loua avant d’émigrer en 1792, puis de s’embarquer pour Saint-Domingue. Confisqué comme bien national, l’hôtel fut vendu, puis revendu et enfin racheté par un traiteur du nom de Gabriel Salles : il y créa un hôtel garni qu’il appela « hôtel de Fumel », peut-être en souvenir du comte de Fumel, qui avait été maire de Bordeaux en 1790, puis guillotiné sous la Terreur. L’établissement devint un des meilleurs de Bordeaux et devait accueillir tous les hôtes de marque sous l’Empire : en 1802, Murat, roi de Naples ; trois ans après, Junot, en compagnie de sa femme, la duchesse d’Abrantès, qui y reviendra lorsque son mari reviendra de son ambassade de Lisbonne. Acheté à son propriétaire par l’hôtelier locataire, en 1806, l’« hôtel de Fumel » fut vendu au Tribunal, après la mort de son propriétaire, en 1820. En 1911, il entra dans le patrimoine de la Société civile immobilière et commerciale du Sud-Ouest, devenue Banque populaire du Sud-Ouest en 1977.

Au matin du 5 février 1804, les Schopenhauer s’embarquèrent sur le brigantin de la ville qui faisait traverser les voyageurs au milieu d’une multitude de bateaux de toutes sortes. C’est là qu’ils portèrent leur premier regard sur le « port de la lune », qui se déploie en demi-cercle sur la rive gauche de la Garonne. De ce premier regard, Johanna Schopenhauer conserva une sensation d’extase : Bordeaux s’étendait devant nous en un vaste demi-cercle, tout au bord du large fleuve qui forme un grand coude à cet endroit… Le coup d’œil était enchanteur.

La vision du fils, alors âgé de dix-sept ans, n’était pas en deçà de celle de sa mère. Il la complétait, s’il ne la copiait pas. À la date du 5 février 1804, Arthur Schopenhauer, toujours plus concis mais jamais moins enthousiaste, nota : La vue magnifique de la plus belle ville de France me surprit. Par l’arrière-plan on voit se dresser les flèches de clochers divers. C’est un tableau magnifique et imposant. Ce deuxième regard se confirma plus loin : La plus belle partie de Bordeaux est bien celle dont la vue m’a tant surpris depuis l’autre rive de la Garonne : le quai.

Cette autre rive, Johanna la regarda aussi, depuis les fenêtres de son hôtel de la place Richelieu : Arrivés à l’hôtel de Fumel, l’une des plus belles maisons de la ville, un logement extrêmement confortable et agréable… et jamais nous n’oublierons aussi le printemps dont, de ces fenêtres, nous guettâmes la furtive approche, degré par degré, dès la fin du mois de février.

Les Schopenhauer demeureront à Bordeaux jusqu’au … …

… …

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Quitter la place vers le quai, longer le Palais de la Bourse et s'arrêter devant la fontaine.

 

 

 

© Bertrand Favreau 2011

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