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Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\proms.jpgPromenade européenne dans Bordeaux 19

 

Le Gesù de Bordeaux.

Eglise Notre-Dame - 1 Rue Mably.

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Oskar Kokoschka (1886 -1980), L'ÉGLISE NOTRE-DAME (1925) , Musée des Beaux-arts de Bordeaux


 

Construite dans un style baroque à la fin du XVIIe siècle, l’église des Jacobins ou Saint-Dominique (devenue « Notre-Dame » sous le Concordat) fut bâtie à partir de 1684 sur un terrain que les Jacobins venaient d’acquérir. Voulant s’inspirer, tant extérieurement qu’intérieurement, de la Chiesa del Gesù à Rome, elle fut considérée comme marquant l’apogée de l’art religieux baroque à Bordeaux. Pour des raisons de concurrence avec le couvent des Récollets, alors contigu, les Dominicains durent s’engager à ouvrir l’édifice à l’est, à l’inverse de l’orientation habituelle des églises. La construction fut terminée en 1707, date inscrite sur la clef de voûte de l’édifice. L’extérieur semble plus proche du baroque sicilien des églises de Noto, reconstruites à la même époque que des travaux du Vignola, achevés ou remaniés par Giacomo della Porta, pour le Gesù romain, un siècle plus tôt.

À la fin de la construction de l’église, on transporta sur la tribune un orgue de l’ancienne chapelle des Dominicains, construit par le facteur anglais Jehan Haon (ou Hew), organier actif en France au XVIIe et au début du XVIIIe siècle. C’est cet orgue anglais qui retentit, le dimanche 22 juin 1777, pour l’empereur Joseph II d’Autriche, lors de son séjour à Bordeaux. Alors que le chapitre de Saint-Seurin avait offert de dire la messe à l’heure qui lui conviendrait, il déclina l’invitation et dit qu’il iroit l’entendre à la première église qu’il rencontreroit et fut aux Jacobins avec peu de suite… Depuis, l’orgue fut remplacé par un orgue commandé au facteur allemand Godefroy Schmidt, en 1785.

Cinquante ans plus tard, c’est un orgue allemand qui résonna sous la voûte, le 17 avril 1828, à dix heures, lors de la célébration des obsèques de Goya. Mais ce jour-là, la célébration ne fut qu’espagnole. Tout ce qu’il y avait d’Espagne à Bordeaux s’était massé dans l’église pour un dernier hommage à son peintre immortel. Tous les réfugiés espagnols, tous les artistes de Bordeaux étaient présents à Notre-Dame, enfermés dans leur chagrin par les grilles du maître serrurier Moreau, qui avait travaillé dans la cathédrale de Madrid. Pio de Molina, Bernardino Amati, Braulio Poc et Antonio de Brugada tenaient les cordons du poêle, tandis que Gumersinda Goicoechea et Mariano conduisaient le deuil de la place du Chapelet jusqu’à la Chartreuse.

Lorsqu’au printemps de 1925, le peintre autrichien Oskar Kokoschka (1886-1980) vint à Bordeaux, cet héritier conscient ou inconscient du baroque, ne peignit que deux monuments. L’un est, on le sait, la perspective (inversée) du Grand Théâtre et du cours du Chapeau-Rouge. Mais celui que le précurseur de l’expressionnisme viennois, dont les œuvres ne sont pas pour rien au Belvédère supérieur, temple de l’art baroque autrichien, acheva le plus vite, fut l’autre : l’église Notre-Dame, que l’empereur d’Autriche préféra – sans doute pour des raisons de proximité – cent cinquante ans plus tôt aux solennités de Saint-Seurin.

Durant la Révolution, l’église servit aux réunions des clubs révolutionnaires, puis fut transformée en « Temple de la Raison » et en temple de l’Être suprême, avant de faire office de cathédrale jusqu’en juillet 1803. L’église fut classée monument historique le 18 mai 1908, ainsi que le buffet de son orgue, en 12 janvier 1971.

 

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L'église Notre Dame de Bordeaux.

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L'église San Nicolo à Noto (Sicile)

 

Sortez de l'église et rendez vous face à la statue de Goya, Rue Mably.

 

 

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© Bertrand Favreau 2011

 

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