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Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\proms.jpgPromenade européenne dans Bordeaux 16

 

La Mort de Goya.

57, Cours de l'Intendance.


Au troisième étage de cet immeuble (alors « fossés de l’Intendance n° 39 »), dans la nuit du 15 au 16 avril, 1828 à deux heures, Francisco Goya y Lucientes, âgé de 82 ans, mourut.

En 1824, Goya, toujours Pintor de cámara, peintre de la cour d’Espagne, avait donné un faux prétexte – aller prendre les eaux à Plombières, station thermale très en vogue au XIXe siècle – pour quitter l’Espagne. Sans doute Goya n’était-il pas lui-même persécuté par le régime absolutiste de Ferdinand VII : il était pensionné par la Cour et put se rendre plusieurs fois en Espagne, entre 1824 et 1827, sans être inquiété. En revanche, il est bien certain que sa dernière compagne, Leocadia Zorilla Weiss, qui vivait avec lui à la Quinta del Sordo et qui était bien connue pour ses idées libérales affichées, était menacée. Son fils Guillermo avait été milicien pendant la période libérale.

Goya connut de 1824 à 1828 plusieurs demeures à Bordeaux, le plus souvent aujourd’hui disparues. Arrivé à Bordeaux le 27 juin 1824, Goya, âgé de 78 ans, qui ne parlait pas un mot de français, fut hébergé par son ami, Manuel Silvela, ancien alcade de la cour du roi Joseph et qui logeait dans l’hôtel du maréchal de Richelieu, au 37 rue Porte-Dijeaux (aujourd’hui hôtel de la Préfecture). Il y retrouva ses amis le célèbre poète, Leandro Fernández de Moratín. Ce premier séjour bordelais ne dura que trois jours. Le 30, il partit pour Paris, où il resta jusqu’au début de septembre.

Lorsqu’il revint à Bordeaux, il s’installa à l’hôtel des Quatre parties du Monde, à l’angle de la rue Esprit-des-Lois et de la rue de Condé. C’est là que, le 16 septembre, sa compagne Leocadia Weiss, qui avait 42 ans de moins que lui, le rejoignit avec ses deux enfants, Guillermo et la petite Maria del Rosario, que Goya disait considérer comme sa propre fille – et qui l’était, selon certains spécialistes (Goya vivait avec Leocadia depuis 1813). Toute la famille s’installa dans l’hôtel de M. Bérard, 24 cours de Tourny (28 cours Georges Clémenceau) pour les années 1824-1825. On sait qu’il eut ensuite plusieurs adresses : il loua une maison 13 rue Saint-Seurin (dont on ne sait rien), puis une échoppe avec un jardin au 10 rue de la Croix-Blanche, dans le quartier Saint-Seurin (aujourd’hui à l’emplacement du n° 24), où il se trouvait très bien. C’est de cette période que l’on date les lithographies dites Taureaux de Bordeaux.

À Bordeaux, Goya retrouva, outre les vieux amis de toujours, Moratín et Silvela, des parents par alliance, les Goicoechea, les Maguiro et tous les Espagnols qui s’étaient réfugiés à la suite du rétablissement de la monarchie absolue de Ferdinand VII (ceux que l’on appelait libéraux, « joséphins » ou Afrancescados). Beaucoup étaient devenus banquiers, notaires ou négociants, dans une ville prospère.

Enfin, en 1827, il s’installa dans l’un des deux appartements, au troisième étage des Fossés-de-l’Intendance, tandis que l’autre était occupé par son ami, José Pio de Molina y Burguete, qui fut le premier maire constitutionnel de Madrid. On ne sait combien de temps Goya habita cet immeuble. La dernière année, les derniers mois ?

Le lendemain de sa mort, il fut enterré au cimetière de la Chartreuse, dans le caveau de la famille Goicoechea. Au mois de juin 1899, les restes de Goya furent transportés dans l’église de San Isidro à Madrid, où ils restèrent jusqu’à leur transfert, le 29 novembre 1919, à San Antonio de la Florida.

Dans l’appartement de Goya ne restaient que quelques meubles, du linge, des dessins et deux tableaux : le portrait inachevé de Pio de Molina (aujourd’hui dans la Oscar Reinhart Collection, à Winterthur en Suisse) et un autre portrait, chargé de mystère, inspiré par l’une des jeunes filles apportant périodiquement du lait à la maison de Goya à Bordeaux, qui s’appela La Laitière de Bordeaux.

 

 

Continuer dans la rue Franklin et prenez à droite la rue Montesquieu.

 

 

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© Bertrand Favreau 2011

 

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