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Description : Description : Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\proms.jpgPromenade européenne dans Bordeaux 14

 

13. L’hôtel de l’Empereur d’Autriche

13 cours Georges Clémenceau (ancien 47 cours de Tourny).

Description : E:\www.bertrandfavreau.net\promenadeurop_fichiers\imperator.jpg

 

 


À la fin de l’après-midi du 20 juin 1777, l’empereur d’Autriche, Joseph, frère de la reine Marie-Antoinette, arriva à Bordeaux sous un ciel chargé de nuées orageuses. Il voyagea sous le nom de comte de Falkenstein, du nom de l’une de ses possessions lorraines, déjà utilisé lors de sa visite à Frédéric II en 1769. Il se rendit chez l’aubergiste Lacroix, où le consul Bethmann lui avait retenu des appartements.

Désireux d’éviter toute manifestation sur son passage, l’empereur décida de débarquer à une demi-lieue de Bordeaux et de pénétrer en ville en carrosse, en passant par des rues détournées. Mais à la vue de la foule massée sur le port, il préféra sauter à terre et, sans aucune suite, se coula le long des rues. Hélas, l’incognito ne dura guère. Reconnu par un négociant allemand qui s’écria en allemand Ah ! C’est mon prince !, il lui demanda le chemin le plus court pour gagner son hôtel du cours Tourny, la pluie l’ayant accompagné depuis les quais.

Les Bordelais s’acharnaient à suivre leur illustre visiteur au point de l’incommoder. Le soir, on s’écrasait à la Comédie en croyant qu’il s’y rendrait. Madame Duplessy rapporta dans une lettre l’équipée de deux dames de Bordeaux qui se rendirent, en pleine nuit, à l’auberge où l’empereur était descendu afin de le voir passer. Peine perdue, l’empereur préféra rester dans son appartement. La légende dit que beaucoup de gens le croisèrent dans la ville sans savoir que c’était lui… Ses lettres démentent la légende : Nous avons un temps affreux, je passe ma vie chez moi à causer avec messieurs les négociants sans aller au spectacle, ou autre amusement.

L’empereur n’aura pas connu que la pluie à Bordeaux. Le 21 juin, il visita le château Trompette, la Bourse, les quais et la Nouvelle Comédie. C’est l’architecte Victor Louis lui-même qui conduisit l’empereur dans ce dernier bâtiment, dont toutes les portes avaient été consignées. Ce jour-là l’empereur goûta fort les explications données par l’architecte sur « la manière dont se construisait la colonne sur l’angle du péristyle ». J’y mettrai un clou, avait lancé Louis en réponse aux accusations de ses détracteurs, qui prédisaient l’effondrement des colonnes à l’angle de la façade. L’empereur se fit expliquer les secrets de l’appareil oblique en métal, et de la taille particulière des pierres, qui inversaient les forces en retournant l’action de l’architrave vers les façades latérales, au lieu de pousser vers le vide. Dans une longue lettre du 24 juin 1777, l’architecte relata la visite de Joseph II : II resta cinq quarts d’heure ; il parcourut généralement tout, monta jusqu’au faîtage, descendit jusqu’au plus bas sol. J’eus la satisfaction de le voir content, rapporte Louis, et en s’en allant, il répéta quarante fois : … …

… …

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Continuez vers l’immeuble d’à côté.

 

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© Bertrand Favreau 2011

 

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